Association Loi 1901
– Toulouse –
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Conférence du 12 mai 2025, par M. Thibaut Jaugey, prevôt à Toulouse.
M. Jaugey a brossé en 1 h 30 l’histoire des Compagnons du Devoir et du Tour de France à travers les siècles.
Son origine est obscure ; elle se situe vraisemblablement vers le xiie ou le xiiie siècle. Il existe alors des « corporations » de métiers regroupant apprentis, compagnons salariés et maîtres au statut bien défini pour chacun ; l’apprentissage a une durée variable (deux ans pour les cuisiniers et les chirurgiens, huit ans pour les orfèvres… quatre ans en moyenne). C’est l’époque de la construction des cathédrales sous l’autorité des évêques. Elle requiert des ouvriers très qualifiés et recherchés qui se déplacent de chantier en chantier dans toute l’Europe ; les plus importants sont les tailleurs de pierre et les charpentiers ; c’est de ce mouvement ouvrier qu’est né le compagnonnage non soumis aux règles des corporations, très attaché aux déplacements et à la transmission des savoirs. Des coteries se créent qui s’imposent des règles morales et des signes de reconnaissance.

M. Thibaut Jaugey, le 12 mai 2025
Aux xvie et xviie siècles, l’État et l’Église tenteront sans succès de contrôler et même de condamner ces « Compagnons du Devoir » pour non-respect des lois, utilisation et parodie de symboles religieux dans leurs cérémonies rituelles. La révocation de l’Édit de Nantes en 1685 par Louis XIV scinde le mouvement en deux groupes distincts : catholiques et protestants fortement rivaux dans leurs convictions et leurs comportements faits de nombreuses rixes.
Au xviiie siècle, siècle des Lumières, la rivalité persiste sauf face aux pouvoirs publics. Le compagnonnage devient un véritable contre-pouvoir des corporations et des autorités en place. La loi Le Chapelier tente de l’interdire sans y parvenir.
Au xixe siècle, avec l’industrialisation, apparaît le syndicalisme autorisé par la loi de Waldeck-Rousseau de 1884 qui abroge de fait la loi Le Chapelier. Les ouvriers se détournent du Compagnonnage éloigné de la lutte des classes, influencé par la Franc-maçonnerie, et plus axé que le syndicalisme sur les devoirs que sur les droits, même si certains (Abel Boyer) tentent de réunir les deux tendances.
Au xxe siècle, la loi de 1901 sur les associations favorise le regroupement des Compagnons par métier, par rite et par ville. La guerre de 14-18 réduit considérablement les effectifs. Plusieurs sociétés de compagnonnage existent isolées et éparpillées ; Jean Bernard en 1940 œuvre pour les réunir dans un mouvement moderne : « L’Association Ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France » (AOCDTF). Elle sera reconnue d’utilité publique. Le feuilleton télévisé à L’ORTF en 1974 « Ardéchois cœur fidèle » contribua beaucoup à sa médiatisation.
À l’heure actuelle, le paysage compagnonnique comprend principalement trois sociétés :
L’AOCDTF accueille des jeunes femmes depuis 2004 et a comme priorité la réussite des jeunes qui se forment de ville en ville où une « Mère » les accueille dans des structures dédiées.

M. Thibaut Jaugey, Pr André Barret